Devenir maman à 40 ans : gérer sa grossesse tardive

Devenir mère sur le tard n’a jamais été un objectif. Quand j’étais adolescente, je me rêvais journaliste globe trotteur aux 4 coins de la planète. Je ne voulais pas d’enfant si, c’était pour ne pas avoir le temps de m’en occuper. Avançant un peu dans la vie, mes envies ont changées et je ne suis pas devenue grand reporter… Mais je ne pensais pas devoir attendre 40 ans pour devenir maman.

Partie vivre en Guadeloupe pour avoir une meilleure qualité de vie et fonder une famille, je suis vite tombée enceinte. J’avoue que j’avais surtout conscience que mener une grossesse tardive naturelle comportait davantage de risques… Mais, je voyais à court terme. Je n’envisageais pas tous les aspects de la situation…

Les risques d’une grossesse tardive

Ma crainte d’avoir un enfant atteint de la trisomie 21

Avec des parents médecins, j’étais surtout anxieuse à l’idée de mettre au monde un enfant handicapé par la trisomie 21. Dans le cadre de mon suivi, j’ai fait le dépistage prénatal habituel, qui est sans danger pour la grossesse : prise de sang maternel et échographie. Je pensais que réaliser une amniocentèse était systématique. J’ignorais qu’elle comportait des risques pour le fœtus et qu’elle n’était pas préconisée sans raison. Avant 40 ans, il n’y a pas de suivi particulier pour les femmes enceintes. Malgré tout, j’ai fait part de mon angoisse à ma gynécologue. Même si les résultats du dépistage prénatal n’ont permis de détecter aucun risque particulier, ma gynécologue nous a obtenu un rendez-vous auprès du service de médecine génétique du CHU de Pointe-à-Pitre.

Je m’étais renseignée sur l’existence d’un test non remboursé par la sécurité sociale et je pensais pouvoir y accéder. J’étais prête à débourser mes économies pour avoir la certitude concernant UNE maladie potentielle.

Les autres risques génétiques d’une grossesse tardive

Cette rencontre de quelques dizaines de minutes avec un spécialiste nous a planté un décor inattendu.

  • La plupart des femmes font des fausses couches qui passent inaperçues dans le cadre de leur menstruations. Seuls les embryons, puis les foetus les plus solides parviennent à terme. C’est un véritable parcours du combattant que réalisent chaque jour tous les bébés qui viennent au monde.
  • Le test de dépistage sanguin existait effectivement mais le laboratoire, encore en phase de test, priorisait les patientes à fort potentiel d’avoir un enfant trisomique afin de valider l’efficacité du test.
  • Il existe près de 4 000 maladies génétiques. Si je souhaitais faire tous les tests possibles pour savoir si mon enfant était porteur ou pas d’une maladie, j’aurais déjà accouché avant d’avoir reçu tous les résultats.

Bref, « La vie c’est le risque » nous a-t-il dit à juste titre. C’est une donnée qu’il faut accepter. J’en suis ressortie un peu sonnée, mais avec les idées beaucoup plus claires et j’ai accepté le risque.

Mon enfant est né en bonne santé.

Mais d’autres risques existent également : davantage de fausses couches, l’hypertension artérielle, les maladies rénales ou encore diabète gestationnel, des accouchements prématurés et plus de césariennes.

Rien de tout cela pour moi. Ma grossesse tardive s’est déroulée quasiment comme dans un rêve : aucune nausée, aucune envie particulière, aucune contraction avant le jour J, un sentiment de plénitude et d’être en pleine forme à la fin du 6ème mois où j’ai même fait des photos de grossesse… Parfois je me dis juste que j’aurais dû abuser un peu et demander à mon compagnon des petits traitements de faveur du fait de mon état. Mais on ne se refait pas 😉

Prise de poids et grossesse tardive

Cette question intéresse toutes les femmes qui attendent un enfant ou envisagent d’avoir un bébé. La plupart redoute les effets de la grossesse sur leur corps. Quand vous avancez en âge, le sujet devient encore plus sensible. Personnellement, je n’ai pas considéré que nous étions 2 à nourrir pendant 9 mois. Déjà attentive à mon alimentation, j’ai continué à respecter un équilibre alimentaire entre protéines, lipides et glucides. Vous pouvez retrouver tous ces principes dans mon billet « bien s’alimenter pendant la grossesse ». J’ai surtout cherché à varier les saveurs en me disant que Stanislas goûterait ainsi un peu à tout pendant sa vie in utero ! Après j’ai eu la chance de ne ressentir aucune envie particulière, ni aucune fringale. Pourtant chacun constate que la grossesse tend à modifier les comportements alimentaires.

Durant les 9 mois que durent la grossesse, la femme enceinte ne prend pas du poids de manière linéaire. Cette affirmation vaut pour les grossesse tardives comme pour les autres. Au début, durant le premier trimestre, on grossit peu. Certaines femmes peuvent même maigrir du fait des nausées et vomissements. On commence à prendre réellement à partir du 2ème trimestre. C’est d’ailleurs à ce moment que l’on peut réaliser de superbes photos de grossesse. Après, ça a tendance à s’accélérer : j’ai pris 10 kilos dont 2 kg sur les 15 derniers jours. Autant dire que ma courbe a été exponentielle sur la fin et qu’heureusement que Stan a fini par pointer le bout de son nez, légèrement après terme !!

Il faut être vigilante à ne pas trop prendre de poids pour éviter les risques de complications pour la mère et le fœtus. Le plus simple reste de suivre les conseils de son médecin, le mieux à même de savoir combien vous devriez prendre de poids en fonction de votre morphologie, de vos antécédents et de votre état de santé.

Difficultés d’être mère sur le tard

Il ne faut pas se voiler la face. Les débuts de la vie de bébé sont véritablement éreintants. J’ai fait le choix d’allaiter mon enfant. Ayant du mal à tirer mon lait au début, j’ai assumé à 100% les nuits fractionnées durant 4,5 mois. Même si dès que son papa a pu le nourrir la nuit, j’ai pu me reprendre un peu, ma capacité à récupérer a été sérieusement attaquée. J’évalue à près de 2 ans le temps qui m’a été nécessaire pour me reprendre. Etre capable de veiller plus tard pour avoir un peu de temps pour soi a longtemps relevé de l’exploit. Alors que Stan a 3 ans et je m’endors encore de temps à autres en même temps que lui dès 21h tellement je suis épuisée.

Impossible de savoir si cela est véritablement dû à ma grossesse tardive. Il n’existe pas de baguette magique pour revenir à mes 25 ans, tomber enceinte et tester comment ce serait : plus ou moins de fatigue. Mais j’ai quand même tendance à penser qu’on a déjà usé quelques cartouches à 40 ans. Même si je ne fais pas partie de ceux et celles qui ont abusé !

Les avantages d’une maternité tardive

Si on met de côté la grossesse qui n’est qu’une partie de l’affaire, avoir un enfant sur le tard peut aussi présenter de nombreux avantages.

Une plus grande maturité psychologique

En vieillissant, nous avons davantage conscience que le temps nous est un bien précieux. Nous sommes plus posés et allons à l’essentiel. Passer du temps avec mon enfant fait véritablement partie de mes priorités. Et je veux pouvoir le faire chaque jour de ma vie, pas uniquement pendant mes 5 semaines de vacances par an….

Nous avons fait le choix de vivre à côté de notre travail et de la crèche/de l’école pour limiter la durée des déplacements. Ainsi chaque matin, nous partageons plus de temps en famille. Pouvoir me dire que j’ai pu avoir la chance de l’emmener à pied et par la main à la crèche chaque jour pendant plusieurs mois. J’ai pu également aller l’allaiter à la crèche pendant ma pause déjeuner. Prendre le temps quasiment tous les matins de jouer avec Stan à cache cache… Autant de toutes petites choses qui tissent une relation forte avec son enfant. Et je suis sûre que dans son inconscient, il en reste quelque chose.

Une plus grande stabilité financière

Autre avantage indéniable que je vois dans ma grossesse tardive est de disposer de davantage de moyens financiers et matériels. Même si les salaires en Guadeloupe sont moins importants qu’à Paris, à 40 ans j’avais la chance d’avoir réalisé des économies substantielles. Or avoir un enfant, surtout le premier, nécessite un vrai budget.

Le matériel de base à acquérir pour pouvoir assumer un nouveau né se chiffre en centaines d’euros, sans compter les coûts récurrents comme les couches ou le lait. Ne souhaitant pas exploser nos dépenses, nous avons opté pour Le Bon Coin pour acquérir plusieurs équipements. Certes à l’arrivée du bébé, nous avons reçu de nombreux cadeaux, même sans avoir déposé une liste de naissance. Mais le coût de la garde du bébé s’est rapidement ajouté quand j’ai dû reprendre le travail. Pour une place en micro-crèche à Baie-Mahault, il fallait débourser chaque mois plus de 1200€ ! Heureusement que la CAF nous remboursait la moitié. Reste qu’il faut pouvoir disposer de la trésorerie initiale et que cela est plus facile quand on dispose d’économies.

FAQ sur les grossesses tardives

Peut-on tomber enceinte à 40 ans ?

Oui il est possible de tomber naturellement enceinte à 40 ans. Toutefois la fertilité diminuant avec l’âge, les grossesses sont plus rares et plus risquées à cet âge là. La femme la plus âgée à avoir accouché d’un enfant conçu naturellement serait une chinoise de 67 ans, déjà grand-mère, en octobre 2019.

Est-il possible de tomber enceinte à 46 ans ?

Oui une femme de 46 ans peut tomber enceinte naturellement mais cela se produit très rarement. A noter que les risques associés à une grossesse tardive augmentent avec l’âge de la femme enceinte.

Quels sont les risques d’une grossesse tardive

Les principaux risques d’une grossesse tardive concernent la mère et l’enfant
1. des fausses couches plus fréquentes
2. faire de l’hypertension artérielle
3. développer un diabète gestationnel
4. accoucher prématurément
5. accoucher par césarienne
6. développer une maladie rénale
7. naître avec une malformation génétique causant un handicap.

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