Est-ce risqué de devenir maman à 40 ans ? Tout savoir sur la grossesse tardive

Devenir mère sur le tard n’a jamais été un objectif. Quand j’étais adolescente, je me rêvais journaliste globe trotteur aux 4 coins de la planète. Je ne voulais pas d’enfant si, c’était pour ne pas avoir le temps de m’en occuper. Avançant un peu dans la vie, mes envies ont changée et je ne suis pas devenue grand reporter… Mais je ne pensais pas devoir attendre 40 ans pour devenir maman.

Partie vivre en Guadeloupe pour avoir une meilleure qualité de vie et fonder une famille, j’avais surtout conscience que mener une grossesse tardive naturelle comportait davantage de risques… Mais, je voyais à court terme. Je n’envisageais pas tous les aspects de la situation…

Tomber enceinte à 40 ans : quelle probabilité ?

Du point de vue médical, tomber enceinte à un âge avancé ne présente pas de contre-indication dans l’absolu. Toutefois, la chance ou la probabilité que cela marche diminue de manière certaine avec l’âge de la future maman. Cela s’explique par la combinaison de 2 facteurs

  • la diminution de la fertilité avec l’âge et même bien avant que la ménopause ne soit définitivement installée ;
  • l’augmentation du risque de fausses couches avec l’âge.

Quelques chiffres pour se faire une idée de l’évolution de la fécondité avec l’âge

  • une femme de 20 à 25 ans a 80% de chance de voir sa grossesse aboutir en 12 mois,
  • une femme cherchant à avoir un enfant vers 30 ans a 75 % de chances d’y parvenir en 12 mois,
  • un projet de grossesse qui débute à 35 ans, la femme a 66 % d’y parvenir en 12 mois
  • la probabilité de tomber enceinte en 12 mois en commençant à 40 ans tombe à 44 %

Les risques de ne pas y parvenir du tout sont respectivement de 8 %, 15 % et 36 %. Après l’âge de votre état civil ne correspond pas forcément à votre âge gynécologique (celui de vos ovules).

Je n’avais aucune idée de ces chiffres précis quand nous avons commencé à chercher à fonder une famille avec Papa Crapule. Rétrospectivement, je réalise que nous avons eu beaucoup de chance de réussir après seulement quelques semaines. J’avais déjà 39 ans à l’époque. D’autant que je ne suis pas sûre que j’aurais eu le courage de me lancer dans une démarche de procréation médicalement assistée (PMA).

Avoir une grossesse à 40 ans : quels sont les risques ?

Au delà du risque de fausse couche spontanée, celui de rencontrer des anomalies chromosomiques s’accroît aussi avec l’âge.

Les risques des fausses couches en fonction de l’âge

Le risque de fausse couche spontanée augmente avec l’âge de la femme enceinte. Les femmes de moins de 30 ans ont un taux de fausse couche qui se situe entre 10 et 15 %. Le taux passe à 33% à 39 ans et augmente encore pour atteindre plus de 50% chez les femmes enceintes de 45 ans ou plus. Ceci s’explique par les anomalies chromosomiques plus fréquentes dans le matériel génétique quand on avance en âge.

Depuis une quinzaine d’années, il a été établi par une équipe de l’INSERM que l’âge du père joue aussi un rôle sur le risque de fausse couche de la mère. Les spermatozoïdes vieillissent aussi ! Quand votre partenaire a plus de 35 ans, le risque de fausse couche est augmenté de 30%. Et plus intéressant encore, l’effet de l’âge de l’homme semble le même quel que soit l’âge de sa partenaire.

Mais d’autres risques existent également : l’hypertension artérielle, les maladies rénales ou encore diabète gestationnel, des accouchements prématurés et plus de césariennes.

Ma crainte d’avoir un enfant atteint de la trisomie 21

J’avoue qu’au départ en tombant enceinte sur le tard, j’étais surtout anxieuse à l’idée de mettre au monde un enfant souffrant de la trisomie 21. Dans le cadre de mon suivi, j’ai fait le dépistage prénatal habituel, qui est sans danger pour la grossesse : prise de sang maternel et échographie (on parle de dépistage sérique du risque de trisomie 21).

Avant de devenir maman à 40 ans, je pensais que réaliser une amniocentèse était systématique, quel que soit l’âge de la future maman. J’ignorais que cet examen médical comportait lui aussi des risques pour le fœtus et qu’elle n’était pas préconisée sans raison. D’ailleurs, la part des femmes ayant eu une amniocentèse a été fortement diminué dans les années 2010 et se situe à 3,6 % en 2016. Seules les femmes dont le dépistage sérique a identifié une risque plus élevé de trisomie se voit proposer de pratiquer une amniocenèse.

Avant 40 ans, il n’y a pas de suivi particulier pour les femmes enceintes même si l’analyse des indicateurs de suivi prend en compte votre âge. Malgré tout, j’ai fait part de mon angoisse à ma gynécologue. Même si les résultats du dépistage prénatal n’ont permis de détecter aucun risque particulier, ma gynécologue nous a obtenu un rendez-vous auprès du service de médecine génétique du CHU de Pointe-à-Pitre.

Je m’étais renseignée sur l’existence d’un nouveau test prénatal non invasif, non remboursé par la sécurité sociale et je pensais pouvoir y accéder. J’étais prête à débourser mes économies (plusieurs centaines d’euro) pour avoir la certitude concernant UNE maladie potentielle.

Les autres risques génétiques d’une grossesse tardive

Cette rencontre de quelques dizaines de minutes avec un spécialiste nous a planté un décor inattendu.

  • La plupart des femmes font des fausses couches qui passent inaperçues dans le cadre de leur menstruations. Seuls les embryons, puis les foetus les plus solides parviennent à terme. C’est un véritable parcours du combattant que réussissent chaque jour tous les bébés qui viennent au monde.
  • Le test de dépistage sanguin existait effectivement mais le laboratoire, encore en phase de test, priorisait les patientes à fort potentiel d’avoir un enfant trisomique afin de valider l’efficacité du test. Je n’aurais a priori pas pu y avoir accès car mon résultat de dépistage prénatal n’avait révélé aucun risque élevé de trisomie.
  • Il existe près de 4 000 maladies génétiques. Si je souhaitais faire tous les tests possibles pour savoir si mon enfant était porteur ou pas d’une maladie, j’aurais déjà accouché avant d’avoir reçu tous les résultats.

Bref, « La vie c’est le risque » nous a-t-il dit à juste titre. C’est une donnée qu’il faut accepter. Ressortie un peu sonnée, j’avais aussi les idées beaucoup plus claires et j’ai accepté le risque.

Autres malformations congénitales pour le bébé

Le risque de malformations congénitales augmente aussi avec l’âge de la mère. Dans cette situation, le bébé nait en présentant des défauts structurel ou fonctionnel d’une partie du corps.

Chez les femmes de 40 ans et plus, le taux de malformations cardiaques congénitales est 3 à 4 fois plus élevé. On observe aussi plus souvent d’autres malformations congénitales comme la hernie diaphragmatique ou les pieds bots. Selon les maladies et la détection réalisée, des prises en charge à la naissance sont programmées dans les services de néonatalogie. Toutefois, les pronostics sont parfois aussi beaucoup plus sombres.

Mon enfant est né en bonne santé.

Grossesse à 40 ans et prise de poids

Cette question intéresse toutes les femmes qui attendent un enfant ou envisagent d’avoir un bébé. La plupart redoute les effets de la grossesse sur leur corps. Quand vous avancez en âge, le sujet devient encore plus sensible. Personnellement, je n’ai pas considéré que nous étions 2 à nourrir pendant 9 mois. Déjà attentive à mon alimentation, j’ai continué à respecter un équilibre alimentaire entre protéines, lipides et glucides. Vous pouvez retrouver tous ces principes dans mon billet « bien s’alimenter pendant la grossesse ». J’ai surtout cherché à varier les saveurs en me disant que Stanislas goûterait ainsi un peu à tout pendant sa vie in utero ! Après j’ai eu la chance de ne ressentir aucune envie particulière, ni aucune fringale. Pourtant chacun constate que la grossesse tend à modifier les comportements alimentaires.

Durant les 9 mois que durent la grossesse, la femme enceinte ne prend pas du poids de manière linéaire. Cette affirmation vaut pour les grossesse tardives comme pour les autres. Au début, durant le premier trimestre, on grossit peu. Certaines femmes peuvent même maigrir du fait des nausées et vomissements. On commence à prendre réellement à partir du 2ème trimestre. C’est d’ailleurs à ce moment que l’on peut réaliser de superbes photos de grossesse. Après, ça a tendance à s’accélérer : j’ai pris 10 kilos dont 2 kg sur les 15 derniers jours. Autant dire que ma courbe a été exponentielle sur la fin et qu’heureusement que Stan a fini par pointer le bout de son nez, légèrement après terme !!

En devenant maman à 40 ans, il faut être vigilante à sa prise de poids pour éviter les risques de complications pour la mère et le fœtus. Le plus simple reste de suivre les conseils de son médecin, le mieux à même de savoir combien vous devriez prendre de poids en fonction de votre morphologie, de vos antécédents et de votre état de santé.

Difficultés d’être maman à 40 ans

Il ne faut pas se voiler la face. Les débuts de la vie de bébé sont véritablement éreintants. J’ai fait le choix d’allaiter mon enfant. Ayant du mal à tirer mon lait au début, j’ai assumé à 100% les nuits fractionnées durant 4,5 mois. Même si dès que son papa a pu le nourrir la nuit, j’ai pu me reprendre un peu, ma capacité à récupérer a été sérieusement attaquée. J’évalue à près de 2 ans le temps qui m’a été nécessaire pour me reprendre. Etre capable de veiller plus tard pour avoir un peu de temps pour soi a longtemps relevé de l’exploit. Alors que Stan a 3 ans et je m’endors encore de temps à autres en même temps que lui dès 21h tellement je suis épuisée.

Maman à 40 ans fatiguée tendant un biberon à son bébé
Une maman fatiguée

Impossible de savoir si cela est véritablement dû à ma grossesse tardive. Il n’existe pas de baguette magique pour revenir à mes 25 ans, tomber enceinte et tester comment ce serait : plus ou moins de fatigue. Mais j’ai quand même tendance à penser qu’on a déjà usé quelques cartouches à 40 ans. Même si je ne fais pas partie de ceux et celles qui ont abusé !

Les avantages de devenir maman à 40 ans

Si on met de côté la gestation qui n’est qu’un aspect d’une grossesse à 40 ans, avoir un enfant sur le tard peut aussi présenter de nombreux avantages.

Une plus grande maturité psychologique

En vieillissant, nous avons davantage conscience que le temps nous est un bien précieux. Nous sommes plus posés et allons à l’essentiel. Passer du temps avec mon enfant fait véritablement partie de mes priorités. Et je veux pouvoir le faire chaque jour de ma vie. Pas uniquement pendant mes 5 semaines de vacances par an….

Nous avons fait le choix de vivre à côté de notre travail et de la crèche/de l’école pour limiter la durée des déplacements. Ainsi chaque matin, nous partageons plus de temps en famille. J’ai eu la chance de l’emmener à pied et par la main à la crèche chaque matin pendant plusieurs mois. J’ai pu également aller l’allaiter à la crèche pendant ma pause déjeuner. Prendre le temps quasiment tous les matins de jouer avec Stan à cache cache… Autant de toutes petites choses qui tissent une relation forte avec son enfant. Et je suis sûre que dans son inconscient, il en reste quelque chose.

Une plus grande stabilité financière

Autre avantage indéniable que je vois dans ma grossesse tardive est de disposer de davantage de moyens financiers et matériels. Certes les salaires en Guadeloupe sont moins importants qu’à Paris. Toutefois, j’avais la chance d’avoir réalisé des économies substantielles après déjà 15 ans d’activités professionnelles.

D’abord cela m’a permis de pouvoir plus facilement travailler à temps partiel, ce qui est un confort incontestable quand on devient maman à 40 ans.

Surtout, ces économies nous ont permis de faire face au budget nécessaire pour s’équiper, surtout quand c’est le premier bébé. En effet, le matériel de base à acquérir pour répondre aux besoins d’un nouveau né se chiffre en centaines d’euros. Ceci est sans compter les coûts récurrents comme les couches ou le lait. Ne souhaitant pas exploser nos dépenses, nous avons opté pour Le Bon Coin pour acquérir plusieurs équipements. Certes à l’arrivée du bébé, nous avons reçu de nombreux cadeaux, même sans avoir déposé une liste de naissance. Mais le coût de la garde du bébé s’est rapidement ajouté quand j’ai dû reprendre le travail. Pour une place en micro-crèche à Baie-Mahault, il fallait débourser chaque mois plus de 1200€ ! Heureusement que la CAF nous remboursait la moitié. Reste qu’il faut pouvoir disposer de la trésorerie initiale et que cela est plus facile quand on dispose d’économies.

En guise de conclusion

Rien de tout cela pour moi. Ma grossesse tardive s’est déroulée quasiment comme dans un rêve. Je n’ai ressenti aucune nausée, aucune envie particulière, aucune contraction avant le jour J. Au contraire, j’ai eu la chance d’éprouver une vraie plénitude. En pleine forme à la fin du 6ème mois, j’ai même fait des photos de grossesse… Parfois je me dis juste que j’aurais dû abuser un peu et demander à mon compagnon des petits traitements de faveur du fait de mon état. Mais on ne se refait pas 😉

FAQ sur les grossesses tardives

Peut-on tomber enceinte à 40 ans ?

Oui il est possible de tomber naturellement enceinte à 40 ans. Toutefois la fertilité diminuant avec l’âge, les grossesses sont plus rares et plus risquées à cet âge là. La femme la plus âgée à avoir accouché d’un enfant conçu naturellement serait une chinoise de 67 ans, déjà grand-mère, en octobre 2019.

Est-il possible de tomber enceinte à 46 ans ?

Oui une femme de 46 ans peut tomber enceinte naturellement mais cela se produit très rarement. A noter que les risques associés à une grossesse tardive augmentent avec l’âge de la femme enceinte.

Quels sont les risques d’une grossesse tardive

Les principaux risques d’une grossesse tardive concernent la mère et l’enfant
1. des fausses couches plus fréquentes
2. faire de l’hypertension artérielle
3. développer un diabète gestationnel
4. accoucher prématurément
5. accoucher par césarienne
6. développer une maladie rénale
7. naître avec une malformation génétique causant un handicap.

Sources et références sur les grossesses tardives

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