La diversification alimentaire : le guide ultime pour réussir

Quand bébé vient au monde, l’alimentation se résume en une seule alternative : allaitement maternel ou biberon de lait infantile. Passés les premiers mois, tous les parents sont confrontés à une étape clef du développement de leur enfant : la diversification alimentaire. Or selon les époques, même récentes, les recommandations pour introduire des aliments solides dans l’alimentation des bébés ont changé. Quand le faire ? Comment procéder ? Quels aliments proposés ?… Autant de questions auxquelles il n’est pas toujours facile de répondre. Questions chargées d’enjeux étant donné que cette étape aura une influence décisive sur la façon de se nourrir de nos enfants. Et in fine sur leur santé, aussi à l’âge adulte. Face à cela, je me suis renseignée pour faire la part des choses et agir le mieux possible. Mon billet synthétise les informations récoltées !

Quand débuter la diversification alimentaire de bébé ?

C’est peut-être la première question qui peut faire débat. Il faut comprendre que la recherche scientifique planche depuis des décennies pour comprendre les besoins nutritionnels des bébés. Du coup, leurs recommandations évoluent avec le progrès des connaissances. Donc les pratiques des mamans des années 80 ne sont pas celles des années 2020.

Les recommandations actuelles pour commencer la diversification alimentaire

Depuis 2001, l’OMS recommande de commencer la diversification à partir de l’âge de 6 mois. A partir de cet âge là, il convient de modifier l’alimentation des bébés pour compléter l’allaitement maternel ou le lait infantile. L’OMS recommande ce fonctionnement mixte, couplant alimentation solide et lait, jusqu’à l’âge de 2 ans ou plus. Le lait doit rester un élément indispensable et principal pour la croissance de l’enfant durant ses premières années.

En janvier 2017, le Comité de Nutrition de la Société européenne de gastroentérologie, hépatologie et nutrition pédiatrique (ESPGHAN) a pris position sur le sujet. Il recommande que la diversification de l’alimentation des enfants nés à terme et en bonne santé se déroule dans une fenêtre comprise entre la 17ème semaine (au terme du 4e mois) au plus tôt et la 26ème semaine (au terme du 6e mois) au plus tard.

Pourquoi cette fenêtre d’opportunité est la plus appropriée pour la diversification ?

Cette période se caractérise par une croissance et un développement rapides. Elle constitue aussi un moment où les nourrissons sont particulièrement sensibles aux carences et aux excès de nutriments. Elle correspond également à un moment où le bébé a perdu le réflexe de protrusion qui le poussait à recracher les aliments solides jusque là. Il peut enfin déglutir volontairement. Enfin, l’organisme du nourrisson se voit doter de nouvelles capacités. Par exemple il sécrète désormais en quantité l’amylase pancréatique, une enzyme qui facilite la dégradation de l’amidon et donc la digestion des glucides.

Trop précoce, l’introduction des aliments autre que le lait pourrait augmenter le risque d’allergie même si celle-ci est souvent le résultat de plusieurs facteurs. Surtout, une diversification avant le 4ème mois risque d’engendrer des déficits nutritionnels en calcium, fer et acides gras car elle induit souvent une réduction de la consommation de lait. Il est donc important de respecter cette « fenêtre » pour ne pas prendre de risque de carences et d’allergies. En France, les recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS) lancé en 2001 autorisent certains aliments dès 4 mois. Il se retrouvent dans le carnet de santé de votre enfant et sur le site mangerbouger.fr.

Pourquoi la diversification alimentaire est nécessaire ?

La diversification pour faire découvrir de nouveaux goûts

A moyen terme la diversification alimentaire vise à parvenir à une alimentation variée proche de celle de l’adulte vers l’âge de 3 ans. Cet objectif nécessite des étapes et une progression. C’est tout l’objet de la diversification qui s’opère sur plusieurs mois.

Avec l’allaitement maternel, le nourrisson a déjà l’habitude que le lait prenne des saveurs inédites en fonction de l’alimentation de la mère. A l’inverse, le lait infantile conserve toujours le même goût puisque sa composition est invariable. L’introduction des nouveaux goûts au moment de la diversification constitue donc un enjeu encore plus important pour les bébés nourris au lait infantile.

La diversification alimentaire passe par l'introduction des légumes

La diversification alimentaire pour répondre aux besoins nutritionnels de votre bébé

Les besoins nutritionnels doivent couvrir la dépense énergétique composée de :

  • La dépense énergétique de base. Elle reste identique pendant toute la première année de vie du bébé, de l’ordre de 50-70 kcal/kg/j
  • Les dépenses énergétiques liées à l’activité physique. Elles sont faibles avant 6 mois et augmentent pour atteindre des valeurs de l’ordre de 25 à 40 kcal/kg/j jusqu’à l’âge de 1 an.
  • La dépense énergétique de thermorégulation. Elles varient avec l’âge, la température extérieure et les vêtements portés.
  • Le coût énergétique de la croissance pour synthétiser de nouveaux tissus. Il diminue à partir de 6 mois mais il reste élevé avant 3 ans.

Bref, les besoins évoluent en permanence. Globalement, les besoins journaliers sont de 100 kcal/kg/j pour un poids inférieur à 10 kg, ce qui est généralement le cas à 6 mois.

Au delà des calories, les très jeunes enfants ont aussi des besoins en vitamines et oligo-éléments. Or le lait maternel ne permet plus de couvrir les besoins en fer après six mois. On constate d’ailleurs souvent une carence en fer chez les enfants. Comme seuls 10 à 15% du fer ingéré sont effectivement absorbés par l’organisme, 6 à 10 mg/j sont nécessaires jusqu’à l’âge de 10 ans. La diversification alimentaire sert aussi à couvrir ses besoins nutritionnels en perpétuelle évolution !

La diversification pour satisfaire la curiosité de votre nourrisson

Vous avez peut-être remarqué : vers 6 mois, votre nouveau-né n’a plus rien à voir avec …. le minuscule être venu au monde voici quelques semaines. Désormais il peut se tenir tout seul assis et il montre de plus en plus d’intérêt pour ce que vous avez dans votre propre assiette. Certains vont même jusqu’à chaparder la nourriture de leurs parents ! Bref, votre bambin est intrigué par ce que vous mangez et il a envie d’explorer par lui-même. Il s’agit donc de répondre à son envie qui est moteur pour tous ses apprentissages.

Il faut absolument profiter de cette propension qui le pousse à vouloir tester de nouvelles saveurs. Car cette inclination constitue une opportunité qui ne devrait pas durer… Vers 2 ou 3 ans, beaucoup d’enfants entrent dans une phase de « néophobie alimentaire ».

Comment pratiquer la diversification alimentaire : petits pots ou faits maison ?

Dès le départ, j’ai choisi de réaliser moi-même les plats que j’allais donner à mon fils. Même s’ils peuvent parfois s’avérer pratiques, je ne suis pas fan des plats préparés. Ceci pour trois raisons principales :

  • Je ne maîtrise pas ce qu’il y a à l’intérieur. Il faut prendre le temps de lire les étiquettes et le plus souvent il y a beaucoup de sucres et de gras saturés.
  • Ça coûte souvent beaucoup plus cher que la version faite maison quand on rapport le prix au kilo.
  • Et finalement, cela a meilleur goût… aux dires de Papa Crapule. 😊

Pourtant, je n’ai pas pu faire autrement que d’acheter des petits pots une fois la diversification alimentaire entamée dans certains cas. Par exemple quand Stanislas avait de la diarrhée, le pédiatre prescrit, entre autres, des compotes pommes-coing. Or il est impossible de trouver des coings en Guadeloupe. Je pense que ça n’est pas forcément simple non plus dans l’Hexagone. D’où mon recours systématique aux petits pots dans ce cas de figure. Parmi les marques disponibles ici, ma préférence s’est porté sur BabyBio qui propose des purées de fruits donc sans sucre ajouté. Le goût est proche d’une compote faite maison. Elle propose des saveurs originales comme pommes mirabelles. Enfin, l’origine des ingrédients, souvent française, est mentionnée clairement sur l’étiquette.

Bien sûr selon votre budget et les goûts de votre enfant, à vous de sélectionner celle qui convient. Pour le dessert, gardez en tête de privilégier les purées de fruits pour limiter les apports en sucre.

Quels aliments donner à bébé ?

Des aliments cuits et moulinés au départ…

Comme pour beaucoup de choses avec les enfants, il n’y a pas de règle absolue. Certains préconisent de commencer par les céréales car elles sont souvent enrichies en fer. L’introduction progressive d’autres aliments commence en général par des petites purées de légumes cuits vapeur en soupe ou en purée sans ajout de sel. Vous pouvez aussi proposer des compotes de fruits sans sucre ajouté. Donc au départ vous devrez mouliner les aliments le plus finement possible. Blender ou mixer font l’affaire pour réaliser vos propres petits pots. Je n’ai pas vu d’intérêt à acheter un matériel dédié à l’alimentation de bébé vu que j’avais déjà un mixer. En revanche, si vous n’êtes pas équipés, vous devrez prévoir cette dépense si vous optez pour le fait maison. Vous pourrez aussi vous en servir pour réaliser une bouillie de légumes combinant du lait et de la purée de légumes.

Recommandations quant à la diversification alimentaire issues du carnet de santé

Sachez toutefois que l’approche de Gill Rapley, infirmière et sage-femme anglaise, préconise d’introduire directement des petits morceaux sans passer par la case purée. Cette pratique est connue sous le nom de « diversification menée par l’enfant ». Je ne peux pas me prononcer sur cette méthode étant donné que je ne l’ai pas pratiquée.

Remplacés par des petits morceaux fondants progressivement

Quand vous constatez que votre bébé commence à mâcher de manière réflexe, à savoir bien déglutir, vous pourrez introduire les aliments en petits morceaux. Selon les enfants, ce moment varie pas mal. Il est donc difficile de vous dire précisément quand basculer. A vous d’observer votre enfant. Autre élément qui peut jouer dans votre évaluation : les dents même si celles acquises en premier ne servent pas à mastiquer ! Vous pouvez tester en rendant ces purées moins lisses et plus épaisses avec quelques grumeaux et voir si cela lui plaît toujours.

A noter : les aliments riches en protéines ont tendance à être introduits plus tardivement. C’est le cas de la viande, du poisson et des oeufs que vous proposez vers les 6 et 7ème mois. Au départ, on mixe très finement et progressivement, on proposera de très petits morceaux. De préférence le midi et en petite quantité pour faciliter leur digestion. Viande rouge ou viande blanche, elle doit être bien cuite, non saignante ni rosée pour limiter les risques d’intoxication alimentaire par la bactérie Escherichia coli. Enfin, respectez les doses prescrites dans le carnet de santé de votre enfant pour éviter les excès de protéines.

Des aliments crus ou cuits pour la diversification alimentaire ?

Les aliments crus ont de meilleurs bénéfices nutritionnels car la cuisson dégrade les apports en minéraux, en vitamines… Ils comportent aussi plus de fibres. Mais nos petites fripouilles ne sont pas complètement équipés au départ pour pouvoir les digérer. Aussi il est recommandé de privilégier les fruits et légumes cuits au début de la diversification alimentaire. De toute façon, il est difficile de faire des purées avec des ingrédients crus ! CQFD.

Vous pourrez progressivement introduire des légumes crus en petite quantité quand votre bébé atteint sa première année. Pour les fruits, c’est un peu différent : une banane bien mûre peut être mangée dès le début de la diversification. A vous de tester et de voir si ça plaît à votre boutchou !

Fréquence d’introduction et quantités

Adaptez vous à votre enfant. S’il accepte facilement la nouveauté, vous pourrez lui proposer un nouveau légume chaque jour. Dans le cas inverse, attendez un peu entre chaque nouvelle introduction, le temps qu’il se soit habitué à la nouveauté. Pour ce qui nous concerne, la fréquence d’introduction a plutôt été guidée par ma capacité à préparer de nouvelles purées. En effet, je voulais tout faire maison pour contrôler davantage ce que Stanislas ingérait.

Concernant les quantités, les recommandations sont assez limitées comme le montre la photo du carnet de santé. Votre bébé ne craint pas un excès de légumes ou de fruits. Il faut surtout être attentif aux quantités pour les protéines pour éviter d’en donner en excès. C’est aussi variable en fonction de l’appétit de votre enfant. Stanislas mangeait de grandes quantités de purée de légumes. Comme il a continué à grandir et grossir normalement, nous n’avons jamais limité les apports.

Enfin, une remarque importante : le très jeune enfant a un fort besoin de matières grasses, au départ pourvu par le lait. Lors de la diversification alimentaire, la quantité de lait diminue. Il faut donc ajouter l’équivalent des matières grasses contenues dans le biberon de lait. Huile de colza, huile d’olive ou de tournesol, ou encore noix de beurre doivent faire partie des repas.

Comment choisir la première cuillère de bébé ?

Pour nous adultes, cela peut paraître un sujet anodin. Mais mettez vous cinq minutes à la place de votre nourrisson. Il a goûté jusqu’ici au plaisir du sein et du lait maternel, chaud et doux. Même nourri au biberon avec du lait infantile, l’aspect des tétines, leur souplesse et leur texture cherchent à se rapprocher le plus possible de l’original 🙂 Donc votre enfant a l’habitude de manger via un medium qui lui est agréable.

La diversification alimentaire suppose l’introduction dans sa bouche d’un nouvel instrument : la cuillère. Pour faire de sa nouvelle aventure sensorielle un succès, mieux vaut choisir cet outil avec le plus grand soin. On évite au départ d’opter pour la cuillère en métal un peu trop froide !! Dans quelques mois, elle lui servira pour apprendre à se nourrir lui-même. Elle doit donc être plutôt légère pour ses petites mains encore maladroites.

Je ne souhaite pas recommander une marque plutôt qu’une autre. En revanche, j’attire votre attention sur deux aspects sur lesquels votre vigilance doit s’exercer :

  • la composition de la cuillère : céramique, caoutchouc, plastique ou silicone… vous trouverez de tout. Pour Stanislas, nous avons opté pour le silicone qui nous a semblé mieux adapté à ses gencives de bébé. Doux et souple, il facilite cette phase de transition. C’est aussi un matériau incassable qui passe facilement au lave-vaisselle. Faites toujours attention que vos objets en plastique soient étiquetés « sans BPA ».
  • taille, forme, couleur : privilégiez ce qui est le plus adapté à un tout-petit. Une forme la plus arrondie possible pour ne pas heurter bébé, des couleurs pour éveiller sa curiosité, surtout proposez lui une cuillère à café voire à moka, encore plus petite. D’abord pour lui donner des quantités raisonnables à chaque « bouchée » et aussi pour respecter la taille de ses mains !

Enfin pour le familiariser à ce nouvel outil, n’oubliez pas de lui laisser un exemplaire de la cuillère. Il va la mettre à la bouche pour se l’approprier ! Mais cela peut prendre un peu de temps… Il ne va pas du jour au lendemain manger à la cuillère comme un seul homme. Il pourra certains jours recracher ce qu’il vient de manger ou carrément refuser la cuillère. Faites preuve de patience, comme toujours 😉

Vous pouvez aussi consulter cette vidéo de « La Maison des maternelles » pour des informations complémentaires sur le sujet.

Faciliter la diversification alimentaire : 8 conseils de bon sens

  1. Ne proposer qu’un seul changement à la fois : ne mélangez pas toutes les saveurs. Au départ, faites lui goûter un nouvel aliment tout seul. Bref, n’allez pas trop vite.
  2. Commencer à introduire de nouveaux aliments d’abord à midi car ils sont moins fatigués et plus réceptifs à la nouveauté qu’en fin de journée au dîner.
  3. Continuer à faire du repas un moment de plaisir ! Quand il tête ou boit son biberon, votre enfant bénéficie d’une très grande proximité, d’un quasi corps à corps. Peut-être qu’il va accepter d’être dans sa chaise haute sans sourciller car il a envie de jouer aux grands. Mais peut-être que la transition va nécessiter votre imagination pour changer progressivement ses habitudes. Dans tous les cas, restez enjoué(e) au moment des repas pour que cela reste un moment agréable de partage.
  4. Proposer des quantités croissantes : commencez bien sûr par de petites quantités.
  5. Varier les saveurs pour proposer une palette la plus large possible, tout en respectant les saisons.
  6. Représenter les mêmes saveurs quelques jours plus tard sans insister en cas de refus. Il faut parfois jusqu’à 15 ou 20 fois pour apprécier une nouvelle saveur.
  7. Ne pas forcer l’enfant qui refuse de manger. Respecter son rythme en priorité.
  8. Encourager et féliciter votre enfant : il fait des efforts pour apprendre une nouvelle manière de manger !

En complément à cet article, je vous invite à consulter mon billet relatif à l’alimentation des bébés de la naissance à 12 mois. Enfin, vous pouvez aussi aller faire un tour sur la section « le coin des bambins » qui regorge d’idées pour faire manger de tout à nos chères crapules !

FAQ sur la diversification alimentaire

Quand et comment commencer la diversification alimentaire ?

Il est recommandé de débuter la diversification de l’alimentation des enfants nés à terme et en bonne santé entre la 17ème semaine (au terme du 4e mois) au plus tôt et la 26ème semaine (au terme du 6e mois) au plus tard. L’introduction progressive d’autres aliments commence en général par des petites purées de légumes cuits vapeur en soupe ou en purée sans ajout de sel.

Quelle quantité diversification alimentaire ?

Les recommandations en matière de diversification alimentaire

Concernant les quantités, les recommandations sont assez limitées. Votre bébé ne craint pas un excès de légumes ou de fruits. Il faut surtout être attentif aux quantités pour les protéines (viande, oeuf) pour éviter d’en donner en excès. Suivez les recommandations disponibles dans le carnet de santé

Quel aliment introduire en premier ?

L’introduction progressive d’autres aliments commence en général par des petites purées de légumes cuits vapeur en soupe ou en purée sans ajout de sel.

Quand commencer la diversification quand on allaite ?

Depuis 2001, l’OMS recommande de commencer la diversification alimentaire à partir de l’âge de 6 mois. A partir de cet âge là, il convient de modifier l’alimentation des bébés pour compléter l’allaitement maternel qui n’est plus suffisant pour couvrir les besoins nutritionnels de l’enfant.

Quel légume pour commencer la diversification de bébé ?

Il n’y a pas de règle en la matière. Vous pouvez commencer par la carotte, un peu sucrée, ou la courge qui donne une purée onctueuse et plus facile à avaler.

Références & sources sur la diversification alimentaire

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