Alimentation enceinte

Manger japonais enceinte

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Si vous cherchez à manger hors de votre domicile, l’option du restaurant japonais enceinte fait partie des options de plus en plus disponibles. La cuisine nippone fait en effet fureur depuis quelques décennies en France. Mais les menus et les cartes se ressemblent très souvent sur le vieux continent. Une première catégorie des restaurants, les plus nombreux, propose un choix de sushis, makis et autres brochettes. Un deuxième groupe, plus rare, sert une carte radicalement différente reposant sur une déclinaison de ramen et de gyosa. Toutefois, la cuisine du pays du Soleil Levant est loin de s’y limiter. S’il est impossible de dresser une liste exhaustive, je vous propose de passer en revue les plats nippons « classiques », ceux qui vous questionneront quand vous pousserez la porte d’un restaurant japonais durant votre grossesse. C’est moins évident qu’il n’y paraît à première vue…

Quel est le risque de consommer des sushis enceinte ?

Les institutions françaises recommandent d’éviter la consommation, tout comme le Québec et les Etats-Unis. En effet, sushis et sashimis présentent des risques similaires qui reposent sur deux caractéristiques : il s’agit de poisson cru et de poisson de mer.

Menu japonais à base de sushis
Menu japonais à base de sushis

Les risque de consommer du poisson cru

En fait deux types de risques existent lorsqu’on décide de consommer du poisson cru : une intoxication alimentaire par contamination soit bactérienne ou soit parasitaire.

Il est très important de bien cuire les poissons pour détruire les éventuels germes ou bactéries présents. Sinon vous pourriez contracter la listériose. En effet, même si vous utilisez du poisson congelé, vous n’êtes pas à l’abri de tomber malade puisque la bactérie n’est pas détruite par la congélation ! La bactérie Salmonella peut aussi être présente. 

La chair du poisson cru peut aussi être infestée par un parasite : l’anisakis. Dans ce cas, vous pouvez développer une anisakidose (ou anisakiase). Il faut quand même savoir qu’au Japon, l’anisakidose cause plus de 2 500 malades par an, contre 10 par an en France. Pourtant il semble que les femmes japonaises s’en soucient peu et continuent de manger des sushis pendant leur grossesse.

Le risque des métaux lourds

Ce risque là n’est pas lié au fait que le poisson soit cru mais simplement au fait que les poissons de mer utilisés sont souvent contaminés par des métaux lourds. Or aucune cuisson ne permet de modifier les teneurs en métaux lourds, qu’il s’agisse de mercure ou de plomb.

Aussi, il faut éviter les sushis et sashimis au thon qui concentre des taux de mercure élevé. Aussi il vaut mieux vous limiter à deux sushis au thon par semaine si vous allez régulièrement vous restaurez au japonais enceinte.

Alternative pour manger des sushis enceinte ?

Vous avez trois options à votre disposition :

  • opter pour des sushis cuits : il s’agit des california roll ou maki inversés qui se composent de saumon, de concombre et d’avocat. Inventé aux Etats-Unis mais tellement populaire qu’ils sont souvent à la carte des restaurants nippons en Occident. La préparation inclut la cuisson du poisson pendant une quinzaine de minutes. Toutefois, ils se composent aussi de crudités. Si vous êtes immunisée contre la toxoplasmose, vous pourrez commander des california rolls.
  • consommer des sushis végétariens dépourvus de poisson cru. Il en existe à base d’avocat ou de ou concombre sous réserve qu’ils soient bien nettoyés : là encore, vous pourriez contracter une toxoplasmose si vous n’êtes pas immunisée.
  • congeler votre poisson avant de le décongeler pour le manger cru.

Une congélation de 48h à -20°C, pratiquée par un professionnel, ou de 7 jours dans un congélateur domestique (-18°C), suffit à éliminer le parasite.

Ministère de l’agriculture et de la pêche

Depuis 2004, un règlement européen (n°853/2004) indique qu’«un traitement par congélation est obligatoire pour tous les produits de la pêche provenant de poissons ou de mollusques céphalopodes», qu’ils soient «destinés à être consommés crus» ou «marinés et salés».

Si vous connaissez le chef de votre restaurant, vous pouvez lui demander s’il applique cette règlementation. Alors vous pourriez manger des sushis enceinte sans prendre de risque.

Puis-je manger des makis pendant la grossesse ?

Les makis se présentent sous la forme d’un petit cylindre composé à l’extérieur d’algue nori entourant du riz blanc vinaigré, lui même farci de poisson cru ou de légumes (concombre, avocat…).

Les mêmes risques existent que pour les sushis si vous consommez des makis au poisson cru : l’intoxication alimentaire d’origine parasitaire ou bactérienne d’une part, l’ingestion de métaux lourds d’autres part.

Quant aux makis aux légumes, tout dépend s’ils ont été correctement nettoyés. Sans quoi, si vous n’êtes pas immunisée, vous pourriez contracter une toxoplasmose.

Les makis comportent des risques pour les femmes qui mangent japonais enceinte

Est-ce que manger du wakamé enceinte est sans danger ?

Les vertus du wakamé sont régulièrement vantées dans la presse car cet ingrédient phare de la cuisine nippone présente des caractéristiques nutritionnelles intéressantes. En effet, cette algue consommée crue ou réhydratée est riche en fibres solubles, en calcium, en folates, entre autres. Or ce sont autant d’oligo-éléments et nutriments recherchés par les futures mamans. De plus, le wakamé apporte également des protéines. Donc a priori elle possède de vrais avantages en termes d’alimentation.

Wakamé, une algue à consommer avec modération pour les femmes enceintes
Le wakamé, une algue très appréciée de la cuisine nippone

Toutefois, un récent avis de l’ANSES (2018 et consultable dans les références) vient nuancer ce profil d’aliment idéal pour certaines populations, dont les femmes enceintes. L’ANSES leur recommande de limiter leur consommation d’algues du fait de la teneur en iode du wakamé : 19100 ug pour 100g d’algues séchées ! Or la référence nutritionnelle en iode pour la femme enceinte a été établie à 200 ug / jour. Donc 10g d’algue suffisent à couvrir vos besoins.

Chez des femmes non carencées présentant des apports excessifs en iode, il existe un risque de troubles thyroïdiens à la fois chez la mère et l’enfant à naître.

ANSES

Par ailleurs, la consommation des algues comme le wakamé expose aussi à des concentrations de cadmium, un contaminant présent dans l’environnement, cancérigène, mutagène et toxique pour la reproduction. L’ANSES vient aussi d’alerter les consommateurs d’algues dernièrement à ce sujet.

Donc si vous mangez rarement au japonais enceinte, vous pouvez consommer du wakamé. Mais cela ne doit pas faire partie de vos aliments quotidiens.

Quels autres plats manger sans risque dans un restaurant japonais enceinte ?

Ramen

Les ramen sont des bol de nouilles de blé servies dans un savoureux bouillon bien chaud et agrémentées de garnitures nombreuses et variées. Les nouilles, elles-mêmes ne comportent bien sûr aucun danger.

Par ailleurs, il existe une infinité de recettes mais les ingrédients les plus fréquents comptent :

  • la ciboule : nécessite d’être bien nettoyée comme toute crudité
  • les pousses de soja : déconseillées crues aux femmes enceintes
  • les pousses de bambou marinées
  • les oeufs marinés : assurez-vous qu’ils soient bien cuits pour ne prendre aucun risque de contracter une salmonellose
  • des algues : voir les réserves émises plus haut pour ces aliments très iodés
  • du tofu fabriqué à partir de lait de soja dont la consommation est à modérée pour les femmes enceintes
  • et surtout de tranches fines de poitrine de porc braisée qui passent des heures dans une marmite…. C’est une recette à part entière.

La recette commence toujours par la préparation du bouillon, fin et léger, qui dure véritablement des heures. Il peut être réalisé à base d’os de poulet ou de porc dans certains cas. D’autres recettes incluent une base de sauce soja.

Au total, il s’agit là d’un plat copieux et populaire de la street food nippone qui rassasie très bien. Il convient aux femmes enceintes sous réserve de faire attention selon les ingrédients listés plus haut.

Bol de ramen proposé dans certains restaurants japonais

Gyoza (raviolis japonais)

Les raviolis japonais sont souvent servis en accompagnement des ramen. Cuits en 2 fois, dans un peu d’eau puis grillés sur une seule face, ils ont au final une texture à la fois croustillante et moelleuse. Ces petits chaussons à base de farine de blé peuvent renfermer de nombreux aliments. Je ne peux tout lister.

Les gyozas s'ils comportent du saké sont déconseillés aux femmes enceintes
Les gyozas s’ils comportent du saké sont déconseillés aux femmes enceintes

Si vous commandez des gyoza, assurez-vous auprès du chef qu’il n’a pas utilisé quelques gouttes de saké dans sa recette. Cet alcool de riz titrant aux alentours de 15°C est bien sûr déconseillé aux futures mamans. J’ai déjà partagé dans de nombreux articles le fait que l’alcool ne disparaît pas de vos plats même après plusieurs heures de cuisson ! En toute circonstance, il faut appliquer la règle du « zéro alcool pendant la grossesse ».

La soupe miso

Là encore un plat incontournable de la cuisine nippone qui se compose d’une pâte miso dilué dans un bouillon. On trouve fréquemment nageant à la surface : des algues wakamé, des ciboules ou encore des cubes de tofu, voire des champignons noirs.

Je vous renvoie aux autres sections de cet article pour en savoir plus sur ces ingrédients. Mais en gros, si vous allez au japonais enceinte ponctuellement, vous pouvez avaler votre soupe miso sans souci s’il s’agit de quelques centilitres !

Soupe miso
Soupe miso, un incontournable des menus japonais

Le tofu, à consommer avec modération pendant la grossesse

Dans les restaurants japonais, vous mangez du tofu soyeux coupé en petits cubes dans la soupe miso. Mais il intervient dans de nombreuses spécialités nippones. Sauf qu’elles franchissent rarement les frontières de l’archipel !

Apparu en Chine il y a plus de 2000 ans, le tofu est considéré comme un fromage de soja du fait de son procédé de fabrication. Cette pâte blanche, plus ou moins ferme, peu odorante et au goût plutôt neutre se fabrique avec du lait de soja qui est caillé grâce à un coagulant.

Le tofu, à base de soja, est plutôt déconseillé aux femmes enceintes
Le tofu, à base de soja, est plutôt déconseillé aux femmes enceintes

Source de protéines à faible teneur en acides gras saturés, le tofu ne contient aucun cholestérol et renferme aussi du fer en bonne quantité. Après la tofu soyeux est moins intéressant que le tofu nature.

ComposantTofu SoyeuxTofu Nature
Eau89,473,8
Protéines514,7
Calcium21100
Fer0,642,4
Folates24,225,1
Comparaison apport nutritionnel tofu nature versus tofu soyeux (Source : Ciqual)

Si le lait de soja n’est pas le fruit de la production animale, il n’est pourtant pas recommandé d’en consommer aux femmes enceintes. Dès 2005, l’ANSES a émis un avis pour limiter la présence des phytoestrogènes dans l’alimentation et incité à la prudence pour les femmes enceintes et les nourrissons.

Dernièrement, une enquête de l’UFC Que Choisir portant sur 55 produits alimentaires à base de soja a mis en évidence en 2019 la présence de ces mêmes perturbateurs endocriniens. Or ils auraient des effets sur la maturation sexuelle des bébés. L’association a retrouvé des phytoestrogènes dans des quantités tellement inquiétantes qu’elle a décidé de saisir l’ANSES pour qu’elle actualise son avis. Si l’UFC Que Choisir n’a pas autorité sur la santé, il recommande tout de même aux femmes enceintes de s’abstenir tant que l’ANSES n’aura pas rendu un nouvel avis.

Donc là encore, si vous poussez la porte d’un restaurant japonais enceinte, mangez du tofu avec modération et jamais plus d’un produit à base de soja par jour.

Les brochettes, une option plus sûre pour manger japonais enceinte

Sans surprise, vous pourrez vous rabattre sur les brochettes japonaises grillées au barbecue. Au poulet, au boeuf, au canard, aux champignons ou aux crevettes,… la liste est là aussi assez longue. Dans tous les cas, la cuisson assure la destruction des bactéries éventuellement présentes.

Après une fois cuites, les brochettes sont nappées au pinceau d’une épaisse sauce brune, à base de sauce soja et du sucre. Donc là encore, adoptez la modération dans votre consommation !

Les brochettes, une solution plus sûre pour manger au restaurant japonais enceinte
Les brochettes, une solution plus sûre pour manger au restaurant japonais enceinte

Autres accompagnements proposés au restaurant japonais

Puis-je manger du wasabi enceinte ?

Le wasabi se mélange généralement à de la sauce de soja pour y tremper les sushis et sashimis.

Quand vous l’observez au restaurant, vous auriez sûrement du mal à imaginer d’où vient ce condiment typique de la cuisine japonaise. En fait, il faut savoir que le wasabi servi en Occident est un ersatz du vrai produit. Il y est fabriqué à partir de raifort mélangé à de la moutarde et à un colorant vert. Pourtant les spécialistes vous diront que ça n’a rien à voir en termes de goût !

Wasabi sous forme de pâte
Pâte de wasabi

De son vrai nom Eutrema japonicum, le vrai wasabi est en réalité une plante dont il existe plus de 100 variétés différentes produites en Asie ! Elle trouve son origine sur les pentes du Mont Fuji où elle est cultivée dans des champs en terrasses. Fabriqué à partir de la racine de cette plante, il est consommé depuis des centaines d’années au Japon.

Racine servant à la fabrication du wasabi
Racine servant à la fabrication du wasabi

Mais le wasabi est devenu, au XIXème siècle, l’accompagnement idéal du poisson cru quand les sushis ont cessé d’être fermentés. Depuis, il relève la douceur des sushis puisque dès qu’on en mange, cela pique et monte au nez…. comme la moutarde ! Mais avant, il faut l’avoir râpé sur une planche en bois et en peau de requin !

Râpé ou broyé, le wasabi révèle alors des molécules à haute valeur antioxydante et aux vertus antimicrobiennes : les anthocyanates. Cela expliquerait que le wasabi soit associé à la consommation de poisson cru : il servirait d’antidote aux intoxications alimentaires.

Les sauces soja salée et sucrée

La sauce soja japonaise, aussi appelée shoyu, est un condiment liquide de couleur noire. Elle s’obtient par fermentation d’un mélange de soja, de blé et de sel.

Etant donné ce qui vient d’être dit plus haut concernant les produits à base de soja, je ne peux que vous recommander d’en consommer avec prudence et modération.

Le gingembre cru enceinte, est-ce bon pour ma santé ?

Le gingembre servi dans les restaurants japonais est en général de couleur rose : il se nomme le « gari ». En fait il s’agit d’un gingembre cru mariné dans du vinaigre de riz, du sel et du sucre auquel on ajoute un colorant.

Voilà une épice plutôt problématique. En effet, les autorités ont plutôt des positions contradictoires à son sujet. Quand il y a controverse, le mieux est d’appliquer le principe de précaution.

Gingembre accompagnant des makis
Le gingembre accompagne souvent les makis

D’une part, l’Organisation Mondiale de la Santé reconnaît depuis 1999 un rôle préventif et curatif au gingembre pour soulager des nausées et vomissements durant la grossesse. Cela incite donc à penser que vous pouvez déguster cet accompagnement lorsque vous mangez des plats japonais enceinte.

D’autre part, d’autres institutions comme le Ministère de la Santé allemande recommandent la prudence. Ils s’appuient sur d’autres études qui indiqueraient un lien entre consommation de gingembre et fausses couches ou encore des modifications des hormones sexuelles du foetus.

A vous de voir…. mais de toute façon, vous n’en mangerez jamais que quelques fines tranches au maximum.

En guise de conclusion

Bravo d’être arrivée jusqu’ici ! Vous voilà équipée pour pouvoir commander sereinement votre prochain menu dans un restaurant japonais.

Pour en savoir plus sur l’histoire fabuleuse du wasabi, je vous invite à lire Dans les champs du wasabi, un article passionnant que j’ai découvert à l’occasion de la rédaction de ce billet.

Sources & Références

Consommation d’algues : rester vigilant sur le risque d’excès d’apport en iode (ANSES)

Avis de l’ANSES relatif au risque d’excès d’apport en iode lié à la consommation d’algues
dans les denrées alimentaires

L’Anses fait des recommandations pour limiter l’exposition au cadmium via la consommation des algues alimentaires

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