Parler pour que les tout-petits écoutent – Partie 2

Nous poursuivons notre série de billets sur le livre « Parler pour que les tout-petits écoutent » en abordant aujourd’hui un chapitre clef pour faire coopérer vos enfants. Si vous n’avez pas lu notre résumé du premier chapitre « Des outils pour gérer les émotions », je vous invite à le consulter auparavant pour une meilleure compréhension.

Chapitre 2 : Les outils pour susciter la coopération

Une menace se transforme rapidement en défi à relever

Nous l’avons tous constaté : finir nos demandes par « s’il te plaît » ne suffit pas à faire coopérer nos enfants. Car au final cette formule de politesse ne transforme pas ce qui reste un ordre déguisé. Et personne n’aime se faire commander. Les enfants ne sont pas différents des adultes sur ce point.

Alors nous avons souvent tendance à utiliser les avertissements ou encore à proférer des sermons. Nous espérons que les enfants comprennent… Le problème, c’est qu’un petit enfant n’est pas équipé sur le plan cérébral pour être réceptif à un raisonnement. L’alternative fréquente consiste à énoncer des menaces pour obtenir de nos enfants qu’ils obéissent. Le problème alors, c’est que la menace peut vite sonner comme un défi. Et pour peu que votre enfant ait du caractère, il se prend à vouloir le relever ! On entre alors dans un conflit dont il peut être compliqué de sortir.

Face à cela, le livre propose plusieurs solutions pour susciter la coopération de nos enfants. Je vous en liste quelques unes que j’ai testées.

Le jeu, un moyen efficace pour faire coopérer

Le jeu est un ressort essentiel pour les boutchous et les enfants en bas âge. Joanna Faber et Julie King, les auteurs du livre, recommandent de faire parler les objets inanimés ou de formuler une tâche ennuyeuse en un jeu. Leur petit conseil : ne pas hésiter à prendre une voix rigolote et différente de la vôtre pour que votre enfant y croit sans sourciller. Vous serez surpris de voir à quel point cela fonctionne.

Personnellement j’utilise régulièrement cette technique pour obtenir de Stanislas qu’il soit prêt à temps pour arriver à l’école à l’heure ! Difficile de l’habiller le matin car il traîne toujours un peu des pieds pour sortir de son nid douillet 🙂 Ici en Guadeloupe, la plupart des écoles fonctionne avec des uniformes. Alors Stan comprend vite les jours où il y a école.

  • En ce moment son copain Charly bave un peu trop à son goût sur lui. Alors son t-shirt lui explique qu’il va être son « bouclier magique pour éviter la bave de Charly ». Instantanément, le t-shirt devient son meilleur ami.
  • Nous avons aussi instauré le principe d’une compétition factice entre Stanislas et nous. Chaque matin, le gagnant est celui qui est prêt en premier puis celui qui capable d’avoir sa ceinture de sécurité attachée en premier. Et comme il ne veut pas perdre, Stan se donne les moyens de nous devancer le plus souvent. De la même manière, il s’empresse de ranger ses affaires si nous lui demandons qui de nous ou de lui sera le plus rapide pour ordonner ses jouets.

On l’oublie trop souvent mais même pour les adultes, le jeu est un excellent levier pour apprendre.

Donner le choix pour faire coopérer vos enfants

Cette recommandation peut surprendre à première vue car certaines demandes ne sont pas négociables, en particulier quand il s’agit de la sécurité de nos enfants. En fait, cette technique ne s’applique pas à toutes les situations. En dehors des de ces situations « non négociables, il s’agit en fait d’orienter sur la tâche à réaliser mais en l’agrémentant de modalités où vous donnez un véritable choix. Les deux options proposées doivent être aussi agréables l’une que l’autre, sinon vous transformez le choix en menace ou en contrainte déguisée.

L’objectif reste toujours que l’enfant fasse ce que VOUS avez décidé mais ayant alors l’impression que c’est lui qui décide. On est pas loin de la manipulation mais elle est de « bonne guerre » si l’on peut dire.

Valoriser d’abord, avant de demander davantage

C’est un écueil classique des adultes d’aujourd’hui : nous voulons que tout aille vite. Nous pressons nos enfants pour qu’ils adoptent le même rythme que nous. Or, heureusement pour eux, ils vivent dans un monde différent du nôtre avec un rapport au temps différent.

J’observe cette situation habituellement quand je souhaite que Stanislas range ses jouets. Comme j’aime que ma maison soit rangée, j’ai toujours tendance à le presser pour qu’il range plus vite. Bien sûr lui aime prendre son temps. Je lui dis tout ce qu’il reste à faire sans mentionner ce qu’il a déjà accompli, même si c’est modeste. Or quand je prends le temps de décrire ce qu’il a déjà rangé, je constate qu’il a beaucoup plus tendance à vouloir continuer le rangement pour se sentir valoriser par la tâche qu’il accomplit.

A titre personnel, je trouve que c’est une caractéristique assez française, en particulier dans l’enseignement. Nous avons trop souvent tendance à lister tout ce qui ne va pas en premier. Nous demandons des efforts supplémentaires sans reconnaître ceux déjà réalisés. Cela est décourageant alors que l’inverse nous donne des ailes pour persévérer !

Partager vos sentiments pour faire coopérer vos enfants

Parfois énoncer simplement vos propres sentiments, y compris quand vous êtes en colère ou frustrés, suffit à faire prendre conscience à votre enfant qu’il doit changer son comportement. J’avoue que pour Stanislas, cela est rarement suffisant. Cela ne nous empêche pas de lui partager très régulièrement quand nous avons peur pour lui ou que nous n’aimons pas son comportement. En revanche, cela reste très utile pour faire acquérir le vocabulaire pour nommer ses émotions. Et savoir nommer ses émotions est le premier pas pour pouvoir les maîtriser.

Autre aspect important que souligne le livre : en parlant de nos propres émotions, nous devons utiliser le « je » qui nous évite d’utiliser le « tu » qui est accusateur. Il place quasiment instantanément l’enfant dans une position défensive, qui nuit à l’attitude de coopération recherchée.

Nous avons tout à gagner à arriver à faire coopérer nos enfants plutôt qu’à chercher à les faire obéir par la force. L’objectif final reste de leur apprendre à savoir prendre les bonnes décisions, en particulier quand nous ne sommes pas dans les parages.

Le livre propose encore d’autres outils que je vous recommande d’aller consulter en vous procurant l’ouvrage.

Je précise que je n’utilise pas tous ces outils. Certains me viennent désormais plus naturellement que d’autres, peut-être aussi parce que j’ai constaté leur efficacité plus fréquente sur Stanislas. Il faut essayer et analyser ce qui fonctionne avec votre enfant. Il ne s’agit pas de recette miracle. Ca ne fonctionne pas non plus à tous les coups. Mais cela a le grand avantage de créer un environnement familial beaucoup plus harmonieux. Moins de cris et de conflits, cela revient aussi à moins de fatigue pour les parents et plus de sérénité. Et si vous ne pouvez pas les éviter, sachez que le livre vous donne aussi des clefs pour résoudre les conflits avec vos enfants !

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