Parler pour que les tout-petits écoutent – Partie 3

Le besoin d’affirmation de soi constitue une étape essentielle dans le développement des enfants. Il apparaît aux alentours de deux ans, parfois un peu avant, parfois un peu après. Avec ce que certains appellent l’âge des « terrible-two », les conflits se font plus fréquents. Trouver des idées pour mieux les gérer intéressent de nombreux parents en quête d’alternatives à la punition. Le chapitre 3 de « Parler pour que les tout-petits écoutent » dédié à la gestion des conflits est une véritable mine sur le sujet. Je poursuis donc la série de billets que je consacre à cet ouvrage. Car force est de constater que les outils pour susciter la coopération ne suffisent pas toujours pour une vie de famille harmonieuse.

Chapitre 3 : Des outils pour résoudre les conflits

Que faire quand votre enfant choisit délibérément de faire ce que vous venez de lui interdire de faire ? J’avoue que cette situation se produit fréquemment depuis une bonne année avec Stanislas. Rien d’étonnant à ce que le sujet m’intéresse au plus haut point.

6 limites à la punition comme solution de gestion des conflits

Alternatives à la punition d'après le livre "Parler pour que les tout-petits écoutent"
Illustration d’alternatives à la punition

Le moyen classique pour résoudre un conflit est souvent de recourir aux punitions ou aux menaces : mettre dans l’inconfort avec l’espoir qu’une leçon sera apprise, que le comportement ne se reproduira plus. Beaucoup de parents adoptent ce « quasi » réflexe comportemental, hérité de notre propre éducation. J’avoue ne pas faire exception.

Seulement, différentes lectures m’ont fait prendre conscience des limites de cette solution et m’ont fait découvrir des alternatives à la punition. Si les punitions permettent d’obtenir des résultats rapides, elles présentent aussi des inconvénients :

  • Le risque d’escalade si la punition n’est pas assez sévère pour être efficace.
  • Elle laisse le problème sous-jacent non traité.
  • La punition peut renforcer l’envie de défier l’autorité chez les enfants qui ont une forte volonté.
  • Elle peut détourner l’enfant de ce qu’il doit véritablement apprendre en suscitant plus de ressentiments que de remords.
  • Trop sévère, elle peut développer chez l’enfant de la peur, de la timidité voire de l’agressivité envers les autres enfants.
  • Elle devient la réponse de nos enfants pour régler leur propre conflit avec leurs copains ou leurs frères & soeurs. N’oublions pas qu’ils s’agissent par mimétisme en prenant exemple sur ce que nous faisons, pas sur ce que nous disons.
Nos enfants nous imitent pour résoudre leurs conflits
Les enfants feront comme vous le faites, pas comme vous le dites

Les auteurs posent la question centrale au sujet des conflits : « comment voulons-nous que nos enfants abordent les conflits ? » Notre manière d’agir pour mettre fin au conflit les oriente

  • soit à réfléchir à ce qu’ils devraient faire à l’autre personne pour résoudre le problème
  • soit à réfléchir à ce qu’ils peuvent faire pour résoudre le problème

Des alternatives à la punition plus efficaces pour résoudre les conflits

Le livre propose plusieurs outils à utiliser éventuellement de manière combinée si un seul ne suffit pas :

  • exprimez vos sentiments, avec force, c’est-à-dire « mettez le ton approprié à vos propos »
  • faites participer l’enfant à la réparation de son erreur pour faire mieux dès aujourd’hui. Car réparer aide à se sentir mieux alors que la punition fait se sentir mal. Cela renforce son estime de soi en se sentant capable de faire le bien. Cette solution est particulièrement adaptée quand l’enfant salit un espace par son comportement.
  • proposez un choix pour passer à une autre activité de manière à le détourner de sa bêtise et à éviter qu’il ne persiste dans celle-ci.
  • passez à l’action sans insulter, c’est-à-dire dans une optique bienveillante : pour protéger et non pour punir.

La résolution de problème en 5 étapes

La dernière des alternatives à la punition proposée dans l’ouvrage nécessite que colère et frustration soient retombées. Ces circonstances sont essentielles pour que l’enfant soit réceptif à l’échange.

Etape 1 : Reconnaître les sentiments de votre enfant. C’est une étape préalable pour qu’il puisse vous écouter et participer à la suite de l’échange.

Etape 2 : Décrire le problème. Une étape qui doit être courte pour être efficace. N’oubliez pas que votre enfant a une durée limitée de concentration

Etape 3 : Demander à l’enfant s’il a des idées pour le résoudre et les noter sur une feuille, quelle que soit leur faisabilité. La magie de l’enfance est de pouvoir inventer des choses impossibles à réaliser 😉

Etape 4 : Décider les idées que vous aimez tous les deux parmi la liste que vous venez d’établir.

Etape 5 : Essayer vos solutions quand le moment se présente.

L’intérêt de cet outil réside aussi dans le fait qu’il fonctionne aussi dans le cas d’une fratrie. Mais il est avant tout important de montrer du respect pour les conflits « enfantins », de ne pas chercher à résoudre le problème à leur place mais plutôt de les accompagner pour y parvenir par eux-mêmes. Le dernier conseil de bon sens des auteurs consiste à retirer l’objet de la dispute pour qu’un échange apaisé puisse avoir lieu entre les enfants.

Le problème des récompenses

Premier problème avec les récompenses : quelle action doit déclencher la remise d’une récompense ? Ranger sa chambre peut nécessiter autant d’efforts que de partager ses jouets par exemple. Pourquoi récompenser une action plutôt qu’une autre alors que nous ne savons pas précisément ce qu’il en coûte à nos enfants pour l’accomplir.

Deuxième problème : la récompense peut ne pas être suffisamment motivante et le risque d’inflation peut poindre.

Troisième problème : Quand on y réfléchit bien, les récompenses vont de paire avec les menaces qu’elles sous-entendent. En réalité, ce sont les deux faces d’une même pièce, de la même manière de résoudre les conflits. « Si tu n’agis pas comme je te le demande, tu vas rater la récompense promise ».

Si la récompense peut toujours être utilisée, les auteurs du livre préconisent d’adopter une formulation différente. L’idée à transmettre aux enfants est qu’une fois les tâches terminées, ils pourront s’amuser. « Aussitôt que vos dents seront brossées, nous pourrons lire l’histoire » est une formulation factuelle qui n’introduit aucune idée de menace sous-jacente. Le diable se cache dans les détails, comme toujours 🙂

En guise de conclusion….

Comme tout parent, je souhaite que mon fils devienne un enfant coopératif. Mais le chemin de la coopération peut se construire de différentes manières. A la lecture du troisième chapitre de « Parler pour que les tout-petits écoutent » rapidement synthétisé ici, j’espère que vous avez désormais très envie de tester la résolution de problème. L’essentiel est prendre le temps de se poser avec votre enfant à un moment que vous détecterez comme propice. De préférence, je dirai de bon matin, une fois le petit-déjeuner avalé !

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